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Quatre Français dans les 35 premiers, et un entraîneur lituanien

Nardisoero · CC BY-SA 4.0 · Source

Au classement mondial du 25 août, le simple hommes compte quatre Français dans les trente-cinq premiers : Christo Popov deuxième, Alex Lanier septième, Toma Junior POPOV quinzième, Arnaud Merkle trente-troisième. Aucune autre nation européenne n'en compte plus de deux.

Derrière ce groupe, il y a un Lituanien. Kęstutis Navickas a mis fin à sa carrière de joueur il y a une dizaine d'années, après un bronze aux premiers Jeux européens en 2015. Il a entraîné trois ans au centre d'excellence de la Confédération européenne, puis a rejoint la fédération française. La Confédération l'a désigné entraîneur de l'année en 2025.

Une finale par équipes gagnée sur le cinquième match

Le 15 février, à Istanbul, la France remporte le championnat d'Europe par équipes masculin pour la première fois de son histoire. La rencontre contre le Danemark s'est jouée jusqu'au bout.

Alex LANIER bat Rasmus Gemke 21-16, 21-16. Thom Gicquel et Toma Popov s'imposent en double, 21-19, 21-12. Christo Popov cède devant Anders Antonsen en trois manches, Eloi Adam et Leo Rossi tombent contre Kim Astrup et Anders Skaarup Rasmussen. Deux partout.

Reste le cinquième match. Toma Popov perd la première manche 22-20 contre Ditlev Jaeger HOLM, puis retourne la rencontre : 21-15, 21-15, soixante-quatre minutes et un titre.

Trois affiches françaises pour un même titre

Le reste de la saison a souvent opposé les Français entre eux. Le 1er mars, la finale du German Open est un duel de frères, remporté par Christo Popov. Trois semaines plus tard, à l'Orléans Masters, c'est Lanier qui bat Toma Popov en finale. Le 11 avril, aux Championnats d'Europe de Huelva, les deux frères se retrouvent en demi-finale, avec Arnaud Merkle dans l'autre moitié du tableau. Trois Français sur quatre au dernier carré continental.

Christo Popov y est allé chercher le titre le lendemain, en battant Antonsen, quatrième mondial, dans une finale que l'Europe ne lui promettait pas.

« Nous ne voulons pas être seulement Alex Lanier »

Navickas est arrivé en France il y a quatre ans. Lanier avait alors 16 ans, Merkle 21. « Nous avons grandi ensemble », résume-t-il. Sa méthode tient dans une phrase qu'il répète : la question n'est jamais ce qui a été gagné, mais ce qui vient après.

Il se méfie de la lecture par les résultats, y compris quand ils sont bons. Sur l'entrée de Lanier dans le top 10, il dit que la place « s'installe », et ajoute aussitôt qu'il reste beaucoup à faire pour devenir le meilleur du monde. Sur le groupe, il est plus net encore : « Son potentiel est illimité. Mais nous ne voulons pas être seulement Alex Lanier. »

L'idée est celle d'une synchronisation. Chaque joueur compte pour le groupe, le groupe compte pour chaque joueur, et personne n'y est un satellite. La relève suit le même chemin : Mady SOW, qui vient d'être champion d'Europe juniors, s'entraîne encore dans une structure jeunes, mais avec la philosophie du groupe national, pour qu'il la connaisse déjà en arrivant à l'INSEP.

Une saison sans équivalent depuis 2007

Les résultats de 2026 dépassent le seul mois d'août. En mai, la France a atteint la finale de la Thomas Cup, sa première depuis au moins 2007, date à laquelle commence l'historique du site. Lanier y a battu Li Shi Feng en deux manches avant que la Chine ne l'emporte.

À la fin du mois, il gagnait l'Open de Singapour. Christo POPOV s'est offert le Japan Open en juillet, Toma Popov a disputé la finale du China Open une semaine plus tard, et le 23 août, Lanier est devenu champion du monde à 21 ans.

Reste la question que Navickas pose à chaque étape, et qui vaut aussi pour les Jeux de Los Angeles : et après ?

Sources : Badminton Europe.